Film documentaire "Ceux qui volent contre le vent"

Enquête sur les « nouveaux acteurs » du cinéma autochtone taïwanais, par Dr. Skaya Siku (du peuple Seediq Truku)
vendredi 8 mars 2019 à 11 h 30 13 h 30
Lieu
Coordonnées
Personne-ressource: 
Scott Simon
Courriel: 
ssimon@uottawa.ca
Inscription
Inscription requise: 
Non
Frais de participation: 
Sans frais
Langue de l'événement : 
Promoteur(s) de l'événement: 
Chaire de recherche en études taiwanaises et HAL

À proximité de la Chine, du Japon, des Philippines et du Pacifique, l’île de Taïwan se situe à l’origine septentrionale des peuples austronésiens. Le cinéma autochtone taïwanais y apparaît tout d’abord comme un outil de propagande, instauré en premier par la colonisation japonaise (1895-1945), puis utilisé par la dictature du Kuomingtang, le parti nationaliste chinois (1945-1987). Dans les années quatre-vingt, à l’époque où les milieux intellectuels Han sont en crise de représentation, que le système dominant de la culture chinoise continentale est contesté par les mouvements de « taïwanisation » et d’autodétermination menés par les peuples autochtones et les indépendantistes Han, un vent de démocratisation s’amorce. Le cinéma autochtone s’est ainsi diversifié. Cette évolution historique ne relève pas seulement du hasard, elle implique en effet de multiples influences comme : la réflexion du milieu des cinéastes Han, les encouragements liés au développement de l’utilisation du documentaire, ou encore l’émergence des cinéastes autochtones. Depuis les années quatre-vingt-dix, Pilin Yapu (du peuple Atayal), Chang Shu-lan (du peuple Tao) et Mayaw Biho (du peuple Pangcah), les trois premiers documentaristes autochtones taïwanais luttent pour la survie de leur peuple. Ils sont les acteurs qui résistent pour la cause des aborigènes et incarnent aujourd’hui les médiateurs incontournables susceptibles de défendre l’autonomie de leurs pairs face au gouvernement Han. Le documentaire pratiqué par les cinéastes en vue d’une autoreprésentation est par nature politique, contestataire. Il est l’outil nécessaire mis au service de la révélation d’une identité collective, les réalisateurs pouvant alors arborer le statut de porte-paroles pour la défense des peuples. En réalisant leurs films, ils oscillent sans cesse sur les questions d’identité personnelle et de responsabilité éthique. C’est la raison pour laquelle, je m’engage depuis 2009 auprès de ces « nouveaux acteurs » et de leurs interventions sociales. En outre, dans le cadre de cette recherche, il m’est possible de transcrire mon expérience en tant que réalisatrice pour filmer mes trois interlocuteurs. Les principaux objectifs de cette présentation visent tout autant à estimer l’importance de la réflexivité dans le travail d’autoreprésentation filmique, qu’à reconnaître la revitalisation des connaissances autochtones à travers les pratiques filmiques.