Enfreindre des droits en vue de se conformer à la loi ?

Le paradoxe des normes et des politiques concernant les travailleurs-euses migrant-e-s à Taiwan
jeudi 22 mars 2018 à 14 h 30 16 h 00
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Chaire de recherche sur les études Taïwanaises
Conférence de Vivianne Yen-ching Weng (Université nationale Chengchi, Taiwan) : Enfreindre des droits en vue de se conformer à la loi ? Le paradoxe des normes et des politiques concernant les travailleurs-euses migrant-e-s à Taiwan   La traite des êtres humains et autres formes contemporaines de l'esclavage sont devenues de plus en plus fréquente dans la pêche hauturière. Connus pour travailler dans des conditions difficiles avec de bas salaires, de nombreux pêcheurs migrants recrutés à l’étranger à bord de certaines flottes taïwanaises ont été portés disparus, tués ou maltraités. À la suite d'une série de reportages publiés par une équipe internationale d’enquêteurs-journalistes, toute l'industrie est maintenant vue comme exploitant « du sang et de la sueur ». Par ailleurs, le public entend souvent parler de cas de confiscation de passeports, de vie privée sous haute surveillance, d'agressions sexuelles et même de privation de liberté individuelle imposés par des employeurs aux travailleuses domestiques migrantes. Une réponse à ces violations des droits de la personne est la criminalisation, en particulier avec l'adoption de la loi sur la prévention de la traite des êtres humains en 2009. Cependant, est-ce un moyen efficace de prévention ? L'approche de la criminalisation/victimisation entraîne des peines plus lourdes, surtout pour les cas extrêmes. Cependant, un nombre considérable de cas tombent dans la zone grise entre la traite des êtres humains et des normes de travail raisonnables. En raison de la responsabilité qui pèse sur les employeurs ou les agences de recrutement à l'égard des travailleurs migrants qui s’enfuient, les mesures de gestion risquent de devenir des mesures de contrôle ferme, voire de coercition. Pour les travailleurs-euses migrant-e-s, sans possibilité de changer d'employeur, de se réunir avec leur famille, ou de demander un permis de séjour permanent à Taiwan, un séjour régulier n'offre aucune perspective à long terme. Dans ce cas, un-e travailleur-euse migrant-e qui prend la fuite semble faire un meilleur choix que de se soumettre à un trafiquant d'êtres humains. Etant donné ces contradictions entre les normes juridiques et les politiques d'immigration appliquées aux travailleurs migrants à Taiwan, comment résister à la tentation d’enfreindre les règles ?